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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 14:30

 

 

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ASSEMBLEE  GENERALE DE OUAGADOUGOU  (Du 04 AU 07 août 2011)

COMMUNICATION SUR :

« L’ENGAGEMENT DU RAJISTE DANS LA GESTION ET LA PREVENTION DES CONFLITS EN AFRIQUE ».

Présentée par Georges OBOLO

Ancien Président du RAJA GABON

 

Première partie :

 

 

 

 

1ère partie

 

INTRODUCTION

L’Afrique reste aujourd’hui le théâtre d’un ensemble de conflits dont la mauvaise gestion entraine ou a entrainé des conséquences dramatiques dans de nombreux pays. Ces conflits d’origine endogène et exogène sont de nature politique, économique, sociale, environnementale et parfois ethnico-religieuse.

Face à leur recrudescence dans nos pays et aux menaces qu’ils font peser sur la cohésion sociale, il est plus qu’urgent de rechercher des voies et moyens pour une gestion et/ou une prévention appropriée à chacun des contextes pour le bien-être des populations et le développement harmonieux de l’Afrique.

Dans cette optique, en portant un regard plus avisé et parcourant la documentation accumulée sur le blog du RAJA, on peut se rendre compte qu’une réflexion initiale a déjà été amorcée. Il reste donc à envisager des actions efficaces et concertées dans une Afrique sans cesse meurtrie par des conflits, qu’ils soient déclarés, émergents, latents ou à venir.  Compte tenu de la complexité de cette problématique, le RAJA ne peut agir seul pour apporter des solutions durables et viables.

Dans cette perspective, la question à laquelle nous sommes invités à répondre est de savoir comment et avec qui le RAJA peut s’engager pour contribuer activement à la gestion et à la prévention des conflits dans nos différents pays.

Pour ce faire, notre présentation nous permettra de revenir très rapidement sur la définition des notions de conflit, de gestion et de prévention.

En second lieu nous identifierons ce qui a été initié par le RAJA comme réflexion et nous porterons un regard critique sur ce qui a été  fait et ce qui n’a pas été fait dans le cadre de notre plan d’action. Nous allons ensuite déterminer la forme de notre engagement en la matière, nos forces, nos faiblesses et nos perspectives.

Enfin, nous poursuivrons la discussion dans les ateliers pour analyser le contexte inhérent à chaque pays.

 

 

 

DEFINITION DES CONCEPTS ET EMERGENCE DES CONFLITS

 

La notion de conflit est définie par l’ACT Formation (Animation-Conseil-Training) comme étant un « affrontement entre des intérêts, des valeurs, des actes ou des procédures. Il s’agit donc d’un désaccord ou d’une idée qui s’oppose à une autre ».

 

Pour sa part, le sociologue Lewis COSER définit le conflit comme « une lutte pour les valeurs et pour réclamer un statut, une puissance et des ressources trop rares » ou « toute situation dans laquelle deux ou plusieurs entités sociales ou parties, ont la perception qu’elles ont des objectifs incompatibles ».

 

De même,  Guy Boubault pense que « le conflit fait partie de la vie. Il est souvent un facteur de développement et d’évolution. Mieux vaut donc en maitriser les mécanismes pour y apporter les meilleurs solutions possibles ».

 

Enfin, pour Georg Simmel "Si toute interaction entre les hommes est une socialisation, alors le conflit, (...) doit absolument être considéré comme une socialisation. Dans les faits, ce sont les causes du conflit : la haine et l’envie, la misère et la convoitise, qui sont véritablement l’élément de dissociation. Une fois que le conflit a éclaté pour l’une de ces raisons, il est en fait un mouvement de protection contre le dualisme qui sépare, et une voie qui mènera à une sorte d’unité, quelle qu’elle soit ».

 

Fort de ce qui précède, on peut constater que le conflit fait naturellement parti de l’existence humaine, mais il se distingue de la violence qui consiste  en des actions, des mots  et des attitudes qui causent un préjudice physique, psychologique, social ou environnemental, empêchant aux personnes d’atteindre leurs pleines potentialités humaines.

 

Tel que défini, le conflit fait appel à trois notions ou attitudes différentes, pouvant avoir des liens très étroits, mais aussi s’avérer distinctes :

la prévention qui défie toute action ou toute attitude qui tend à réduire au maximum les risques d’émergence d’un conflit ;

 

la gestion qui consiste à donner libre cours à la créativité face à une situation contradictoire ou conflictuelle. Il est question ici de transformer par des méthodes bien définies un conflit en projet commun. C'est-à-dire réguler les tensions, les oppositions pour susciter des changements ou des innovations ;

 

la résolution qui est définie comme étant toute action ou toute prise en charge conduisant au choix d’une solution appropriée à un problème ou une position ayant occasionné un conflit.

 

Les conflits tels que définis naissent et évoluent dans un système, dans une structure ou dans une organisation. Ce système est régi par un ensemble de règles qui fixent les types de relations entretenues par les différents acteurs de la cité. Ces relations (sociales, politiques, économiques, religieuses, professionnelles, familiales…) sont déterminées ou motivées par des intérêts et des valeurs. Dès lors, les conflits vont naitre en fonction des rapports et des pouvoirs qui sont établis dans la cité ou par le système.

De ce fait, les organisations de la société civile et les artisans de la paix doivent avoir la capacité de détecter et d’anticiper ce qui peut arriver. Il convient de souligner que dans toute société, chaque être humain, chaque acteur a une perception différente de la vie et des problèmes car chacun a son histoire et sa personnalité propre ; c’est ce qui fait que les citoyens observent les situations politiques et sociales de façon différente.

 

Ainsi, à partir d’une même situation nous voulons des choses différentes et nos objectifs deviennent incompatibles et s’opposent. C’est alors que vont naître les conflits. Et quand ces conflits sont bien gérés ou bien traités, ils peuvent permettre de :

sensibiliser les citoyens sur les problèmes de la cité ;

impulser des changements nécessaires ;

améliorer les solutions aux problèmes posés ;

relever le moral des citoyens;

promouvoir le développement durable et communautaire ;

promouvoir la bonne gouvernance ;

renforcer la maturité et la conscience de soi ;

promouvoir les droits humains.

 

A contrario, quand il y a refus de la différence et du point de vue de l’autre, le désaccord s’installe, le dialogue est rompu et le conflit se transforme en crise. Il importe alors de faire une bonne analyse du contexte et des conflits. Cette analyse permettra de comprendre le soubassement, l’histoire de la situation ainsi que les événements en cours.

 

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2ème partie         

 

 

 

 

 

 

 ETAT DE LA QUESTION AU SEIN DU RESEAU

 

Conscient de l’importance du sujet relatif à la gestion et à la prévention des conflits, les membres du RAJA avaient débuté une réflexion sur le sujet.

 

En effet, en septembre 2007, Georges OBOLO avait amorcé la réflexion sur la problématique des conflits, de l’intégration régionale et de la bonne gouvernance. Il s’est demandé « comment prévenir les conflits dans un pays qui n’a pas connu de guerre et comment la société civile peut-elle s’engager dans la prévention des conflits ? ». Par la suite, Florence Sséréo déclarait « qu’il n’y  pas de conflits ethniques, il y a des conflits sociaux, des conflits politiques, à mobilisation ethnique ».  Patrick NGUEMA EDOU insistait sur la culture de la non-violence et de la paix et Nestor AYI pensait que « Si chacun fait un petit quelque chose en faveur de la paix, le monde peut devenir un petit paradis ». Pour sa part, Achille MBEMBE affirmait : « Le paysage est contrasté : restauration autoritaire ici, multipartisme administratif là, maigres avancées, au demeurant réversibles, ailleurs... Dans la plupart des cas, les Africains n'ont toujours pas le droit de choisir librement leurs dirigeants. Trop de pays sont à la merci de despotes dont l'objectif est de rester au pouvoir à vie. Du coup, la plupart des élections sont truquées ».

 

A la suite de ces réflexions, quelques initiatives avaient été proposées et il y a eu un  démarrage très timide avec quelques pistes, comme le concours, « dessine-moi la paix… », que Florence proposait aux enfants du RAJA. De même, en relançant la réflexion en 2008, Georges OBOLO proposait la réalisation d’un calendrier sur la culture de la paix  en retenant 12 idées fortes, illustrées par des images frappantes pour sensibiliser l'opinion sur la prévention, la gestion et la résolution des conflits, en  un mot sur l'édification de la paix.

La question que nous nous posons aujourd’hui est de savoir pourquoi les actions initiées et les propositions retenues dans le plan d’action n’ont elle pas été réalisées convenablement ? Quel est la situation qui prévaux dans chaque pays et quel peut être et doit être l’engagement du RAJA ?

 

 

ENGAGEMENT, FORCES, FAIBLESSES, PERSPECTIVES  ET PARTENARIAT

 

L’engagement des anciens jécistes doit tenir compte de leurs spécificités, c'est-à-dire des chrétiens catholiques, ayant dans leur vie estudiantine fait l’option pour les pauvres, les plus démunis et les plus faibles. Cette option entre dans le cadre du but de la JEC, ce mouvement d’Action Catholique qui œuvre pour la construction d’un monde meilleur, en fait pour la construction du Royaume de Dieu. Les anciens jécistes sont donc engagés, motivés et déterminés à poursuivre cette vision dans leur milieu de vie. Cela revient à dire que les anciens jécistes que nous sommes devons publiquement prendre position pour la prévention, la gestion ou la résolution des conflits en Afrique. Mais comment formaliser cet engagement ?

L’engagement des anciens jécistes se situe à deux niveaux, personnel et collectif.

 

Au niveau personnel, l’ancien jéciste doit :

faire de la défense des droits de l’homme et de la promotion des valeurs de justice, de vérité, d’amour du prochain, de paix et de solidarité son cheval de bataille ;

résolument se tourner vers le service public ;

s’impliquer dans la vie politique, économique et sociale

intégrer les commissions ou les comités Justice et Paix qui existent dans son diocèse ou sa paroisse

 

 Au niveau collectif le RAJA doit :

nouer des partenariats utiles avec des organismes internationaux sur les questions de de développement, paix, de droit de l’homme et de bonne gouvernance

jouer un rôle de veille et d’alerte ;

jouer le rôle de plaidoyer pour l’appui par le gouvernement et la communauté internationale ;

rôle de dénonciation des injustices, des crimes contre l’humanité et des violations massives des droits de l’Homme ;

jouer le rôle d’appui à la réhabilitation des communautés et au renforcement de la confiance ;

jouer un rôle de bons offices dans la gestion des conflits ;

intégrer les mécanismes d’alerte rapide et s’impliquer dans l’observation électorale ;

participer à la mise en œuvre des politiques de reconstruction et de construction ;

 

suite ci dessous :

 

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3ème partie 

 

 

 

 

 

 

 

MAIS QUELLES PEUVENT ETRE LES FORCES, LES FAIBLESSES ET LES PERSPECTIVES DE CET ENGAGEMENT ?

 

L’engagement du RAJA dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits trouve sa force dans certains principes qui sont :

la foi en Jésus-Christ ;

la volonté d’être au service de la communauté ;

la solidarité et la diversité culturelle ;

Le réseautage  de nos expériences et de nos centres d’intérêts ;

 

Cependant, cet engagement présente aussi un certain nombre de limites dont les plus significatives sont :

 incapacité à travailler réellement en réseau ;

convictions personnelles qui prennent le dessus sur l’intérêt général ;

difficile cohabitation entre la vie chrétienne et la vie professionnelle ;

influence ou menace du politique et/ou des sectes dans la vie professionnelle des membres du RAJA ;

faible motivation ;

absence de contribution financière dans les activités du réseau ;

 

L’engagement dans la prévention et la gestion des conflits, du fait des limites que nous avons identifiées commande que nous mettions l’accent sur la formation et la redynamisation du Réseau.

 

La formation et les actions initiées dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits en Afrique peuvent se réaliser à l’intérieur des orientations et axes stratégiques suivants :

Analyse et résolution des causes des conflits spécifiques et générales;

Développement d’un programme d’action centré sur la justice sociale, la politique, l’économie et la doctrine sociale de l’église;

Prise de conscience de la société civile par elle-même grâce à un transfert de compétences, de reconnaissances et de ressources vers les ONG et les organisations de base (en tête desquelles doivent se trouver les organisations d’Églises comme le RAJA);

Renforcement des capacités des gouvernements au regard de leur mission de gestion de conflits;

Conciliation (et réconciliation) des différents groupes et intérêts à tous les niveaux de la société;

Éducation et formation des jeunes, des femmes, des groupes organisés de la société civile et des communautés rurales et urbaines à la prévention, à la gestion des conflits et à l’éducation civique et  électorale.

 

Le réseau des anciens jécistes comme acteur de la société civile dans son engament doit jouer un rôle d’éveil, d’alerte, de bons offices, de plaidoyer, de sensibilisation, de dénonciation, de participation et d’appui aussi bien au niveau de la prévention, de la résolution que du renforcement de la paix.

La complexité de la situation oblige le RAJA à nouer des partenariats avec les organisations ou institutions qui œuvrent dans le même champ et avec qui ils faut envisager des franches collaborations.

Il s’agit entre autres :

des institutions gouvernementales ;

des organismes internationaux ou régionaux ;

des ONG et Associations locales ;

des confessions religieuses ;

des medias.

 

 

CONCLUSION

 

            « Transformer la réalité sociale par la force de l’Evangile, témoignée par des femmes et des hommes fidèles à Jésus-Christ, a toujours été un défi et le demeure aujourd’hui encore, au début du troisième millénaire de l’ère chrétienne. L’annonce de Jésus-Christ, « bonne nouvelle » de salut, d’amour, de justice et de paix, ne trouve pas facilement accueil dans le monde aujourd’hui, encore dévasté par les guerres, la misère et les injustices. C’est précisément pour cela que l’homme de notre temps à plus besoin que jamais de l’Evangile : de la foi qui sauve, de l’espérance qui éclaire et de la charité qui aime ».

 

            Par ces mots, Son Eminence le Cardinale Renato Raffaele, Président du Conseil Pontificale Justice et Paix, nous invite, à la transformation de notre milieu de vie. N’avions-nous pas coutume à dire, dans nos comités JEC de base, quand nous étions étudiants :

Jécistes, Engagés !

JEC, Lumière !

JEC, Action !

A quoi étions nous engagés et de quelles lumière et action parlions nous ? Et aujourd’hui, sommes-nous toujours engagés ? Et pouvons-nous dire ?

Rajistes, Engagés !

RAJA, Lumière !

RAJA, Action !

            Pour être la lumière du monde et le transformer, le RAJA doit s’engager, en s’appuyant sur la parole de Dieu, dans le combat pour la justice et la paix. Le faire, c’est clairement prendre position contre toute forme d’injustice et de violation des droits humains et comme le dit Monseigneur Portela, « se taire serait se faire complice ».

 

Georges OBOLO

 

 

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